Les plus grands secrets dans le monde des affaires

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J’ai six grands secrets à vous proposer, basés sur 40 ans d’expérience professionnelle et d’innombrables discussions avec des collègues du monde entier ainsi qu’avec des participants aux cours de communication que je donne :

  • De tous les facteurs régissant le comportement d’un employé au 21ème siècle, la peur de perdre son emploi est le plus déterminant et omniprésent. Le grand secret, c’est que, de fait, une part inavouable des ressources d’une entreprise est consacrée à la gestion — parfois la réduction, rarement l’élimination —des conséquences de cette peur. Celle-ci s’avère en effet coûteuse, voire destructive, car elle freine toute velléité de précieuse créativité, de courageuse prise de risque ou de simple honnêteté chez l’employé. La peur au travail est le dernier grand tabou, avec la surconsommation de médicaments (antidépresseurs, stimulants, somnifères…), dans le monde des affaires.
  • Que signifie réellement, en affaires, le mot “pragmatique”? Avec la meilleure volonté du monde, aucune entreprise ne peut survivre en respectant en permanence toutes les lois et règles en vigueur. C’est impossible, à moins de détenir un quasi-monopole dans sa branche et de pouvoir faire payer aux consommateurs une légalité tous azimuts. Le grand secret, c’est que chaque entreprise emploie des manières illégales — mineures ou majeures, ponctuelles ou pérennes — pour survivre. Elle justifiera ces pratiques, et se les justifiera à elle-même et ses employés, en les qualifiant de “pragmatiques”.
  • Plus une entreprise communique sur ses valeurs, plus il est probable qu’elle mette une telle pression sur ses employés que ces derniers risquent d’enfreindre ces mêmes valeurs pour atteindre leurs objectifs commerciaux. Le grand secret, c’est qu’une communication insistante sur les valeurs sert le plus souvent à couvrir les fesses de l’entreprise lors d’inévitables écarts commis par des employés surmenés. Elle permet aux dirigeants de déclarer, la main sur le cœur, que « le comportement d’employé X est incompatible avec nos valeurs. Nous menons une enquête interne (dont nous nous garderons bien de vous montrer les résultats, mais vous nous aurez oubliés d’ici là. » Si une entreprise a des valeurs et s’y tient, il lui suffit de les appliquer, non?
  • Toute entreprise cotée en bourse a pour objectif central, primordial et incontournable de rapporter de l’argent à ses actionnaires. Cette simple réalité étant difficile à « vendre » aux clients et consommateurs, le grand secret, c’est que la plupart des activités d’une entreprise cotée ont pour but de cacher sa raison d’être purement financière derrière des produits, services, valeurs, missions, visions, feuilles de routes, logos et engagements divers. Il s’agit en fait d’afficher d’autres motivations que la satisfaction pure et dure, et le plus souvent à court terme, des actionnaires. Si l’entreprise se porte bien, ces faux-semblants fonctionneront. Dans le cas contraire, leur fragilité se révélera sous forme de licenciements ou de «recadrages». Cette logique s’applique moins aux entreprises familiales ou aux PME/PMI.
  • Le mot ‘transparence‘ est largement utilisé par les entreprises pour faire semblant de prôner l’honnêteté. Or transparence et honnêteté ne sont pas synonymes. Lisez bien les missions, visions et valeurs que les entreprises affichent sur internet ou dans des interviews de dirigeants. L’honnêteté n’y est mentionnée ou défendue que rarement. Le problème, c’est que l’honnêteté consiste à reconnaître activement les inévitables et compréhensibles doutes, erreurs, changements d’avis, compromis ou ajustements d’une entreprise au quotidien. L’honnêteté, la vraie, déverrouillerait trop de portes. Le grand secret, c’est que la transparence, derrière son effet d’honnêteté, est passive. Elle consiste à installer des fenêtres sur des portes qui restent, elles, verrouillées. La transparence montre sans dire où regarder.
  • Formelle ou informelle, verticale ou horizontale, la communication interne consacre — et gâche — d’énormes ressources au message suivant: « c’est une mauvaise période à surmonter; vous verrez, ça se calmera bientôt ». Pour être réaliste et utile, le message devrait être: « l’incertitude est notre alliée. Apprenez à l’accueillir, à l’aimer, à en profiter. Si jamais ça se calme, soyez inquiets, très inquiets ». La transition temporaire en affaires n’existe pas. Elle est, quoiqu’en dise la communication interne, permanente.

Convaincu qu’un modèle capitaliste moins fragile et hypocrite est possible, je dédie cette réponse aux personnes courageuses et intègres dans le monde des affaires. Il y en a, et elles sont souvent malmenées. Je ne doute pas, par contre, qu’il faille que ce modèle capitaliste «corrigé » soit également de nature plus autoritaire si l’on souhaite sauver notre environnement.

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